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Art martial japonais.
Composé de deux mots japonais – ju, signifiant souplesse,
douceur, non-résistance, et do, signifiant chemin, voie –, le
judo, voie de la souplesse ou voie de la non-résistance, a
pour principe de se servir de la force de l’adversaire pour le
déséquilibrer, le contrôler et le vaincre avec un minimum
d'efforts. Inscrit pour la première fois aux programme des
jeux Olympiques en 1964, le judo est une discipline
régulièrement représentée aux Jeux depuis 1972. La France est,
après le Japon, l’un des pays où ce sport connaît le plus
grand nombre de licenciés.
Des origines séculaires
La tradition veut que le judo participe de l'esprit du
ju-jitsu, ou jiu-jitsu (technique de la souplesse), art
guerrier de lutte au corps à corps pratiqué au XIVe siècle par
les samouraïs, lesquels s'inspirent alors de différentes
formes de combats séculaires. Sous sa forme actuelle, le judo
ne date que de 1882 ; il est dû à l'initiative du Dr Jigoro
Kano (1860-1938), qui créa sa propre école de jiu-jitsu, le
Kodokan (École pour l'étude de la voie), édicta les principes
fondamentaux, codifia les premières règles d'une pédagogie
rigoureuse et inspira finalement un engouement tel
qu'aujourd'hui le judo compte plus de vingt millions d'adeptes
à travers le monde.
Introduit en France par Jigoro Kano lui-même, en 1889, le judo
attend 1936 pour pouvoir s'établir dans le premier dojo (lieu
où l'on étudie la voie) construit à Paris. La Fédération
française, créée en 1947, compte aujourd’hui quelque 500 000
licenciés, dont 100 000 femmes.
Les règles et les techniques
Le judo est pratiqué dans un dojo, dont le sol est recouvert
de nattes, les tatamis. Le tatami, épais de 6 cm, est fait de
paille de riz pressée et cousue dans une enveloppe de toile de
jute ou de plastique. Pour les compétitions, la surface
minimale de combat est de quatorze mètres sur quatorze, la
surface maximale de seize mètres sur seize.
Le pratiquant (judoka) y évolue pieds nus. Il est vêtu d'un
équipement blanc (judogi), qui se compose d'un pantalon ample
tenu à la taille par un cordon et d'une veste faite d'une
toile plus épaisse, maintenue par une ceinture (2 m de long et
4 cm de large) dont la couleur détermine le degré de maîtrise
du judoka (de blanche pour les débutants, à noire pour les
plus confirmés). Celui-ci salue son adversaire par ritzurei,
salut simple effectué debout, jambes jointes, bras plaqués le
long du corps, consistant à s'incliner de 30 cm environ vers
l'avant, ou par zarei, salut cérémonieux exécuté à partir
d'une position agenouillée.
Savoir tomber
Tomber afin d'opposer une force négative à celle de
l'adversaire est le principe de base du judo. La pratique des
brise-chutes (ukemi) s'acquiert avant toute forme de prise
proprement dite. Il existe essentiellement des chutes de face,
effectuées en fléchissant sur les bras tendus, des roulades
avant (mae-ukemi), exécutées sur le bras droit ou le bras
gauche, dos en boule, tête rentrée dans les épaules, et des
roulades arrière (ushiro-ukemi et yoko-ukemi), au terme
desquelles les bras frappent violemment le tatami lors du
rebond pour neutraliser l'impact de la chute.
Saisir l'adversaire
L'objectif du travail exécuté debout est la projection, qui
intervient au terme d'une série de préparations rassemblant
des attitudes et des techniques précises, et entraîne le
déséquilibre de l'adversaire. La manière de saisir
l'adversaire (kumi-kata) est essentielle. À titre d'exemple,
kumi-kata à droite s'effectue en saisissant de la main gauche
l'extérieur de la manche droite du partenaire au niveau du
coude tandis que la main droite s'empare du revers du col à
hauteur du pectoral gauche, le pouce à l'intérieur de la
veste. Shizen-hontai désigne la position naturelle du corps,
droit, les pieds écartés de 30 cm, alors que jugo-hontai
correspond à une attitude défensive, jambes écartées et genoux
fléchis.
Le déplacement sur le tapis
Le déplacement sur le tapis, ou shintai, s'opère soit en
position naturelle (ayumi-ashi), le poids du corps reposant
sur les doigts de pieds, jambes légèrement écartées, soit par
pas successifs glissés (tsugi-ashi), en souplesse. Il s'agit
ensuite de rompre l'équilibre (kuzushi) par déplacement (tsukuri)
et par projection (kake désigne l'acte même de la projection
par des techniques appropriées, nage-waza correspond à la
projection proprement dite).
Les projections
Elles sont divisées en deux groupes : celles qui entraînent le
déséquilibre de l'adversaire seul (tachi-waza) et celles au
cours desquelles les deux judokas perdent l'équilibre (sutemi-waza).
L'ensemble des techniques de projections (gokio) représente
quarante mouvements principaux (comptant de nombreuses
variantes), plus ou moins utilisés et correspondant chacun à
une technique propre. Les projections les plus courantes sont
uchi-mata (projection par l'intérieur de la cuisse),
o-soto-gari (grand fauchage extérieur), seoi-nage (projection
en chargeant sur le dos) et kata guruma (roue autour des
épaules).
Le travail au sol
Le travail ou sol (ne-waza) comporte des techniques
d'immobilisation (osae-komi-waza), de luxation ou clés de bras
(kansestu-waza) et de strangulation (shime-waza). Ces
techniques requièrent des principes élémentaires d'attitude,
selon que les judokas sont en position inférieure ou
supérieure l'un par rapport à l'autre. Le contrôle fondamental
par le travers (hon-gesa-gatame) est la technique
d'immobilisation de base, tandis que kata-juji-jime, parmi les
étranglements, et ude-garami, parmi les clés, appartiennent
aux techniques les plus efficaces.
Les points
La victoire est obtenue soit par ippon, soit aux points.
L'ippon est accordé par l'arbitre lorsque l'un des combattants
porte une projection techniquement parfaite et que
l'adversaire tombe nettement sur le dos, ou lorsque l'un d'eux
est immobilisé au sol pendant trente secondes. Le combat cesse
alors.
La victoire aux points revient au judoka qui a obtenu le plus
d'avantages techniques. Un mouvement proche de la perfection
qui n'a pas mis totalement l'adversaire sur le dos donne
waza-ari (deux waza-ari valent ippon). Les autres avantages
sont yuko (avantage) et koka (petit avantage). L'arbitre peut
également être amené à annoncer des pénalités. Dans ce cas,
des points sont accordés à l'adversaire du combattant
sanctionné. Selon la faute commise, l'arbitre annonce shido
(observation, valeur d'un koka), chui (remarque, valeur d'un
yuko), keikoku (avertissement, valeur d'un waza-ari) ou
hansohu make (disqualification). Si aucun avantage n'a été
marqué, les trois juges désignent le vainqueur en levant un
drapeau. Le match nul (hiki-wake) n'existe qu'en compétition
par équipes.
L'entraînement
Le judo est fondé sur une méthode stricte d'éducation physique
et morale acquise au terme de mouvements classiques, connus
sous le nom de katas, et qui sont répétés à l'entraînement (randori).
Les katas sont au nombre de neuf. Les trois premiers
développent la technique de base du corps à corps en combat
libre (randori-no-kata), comportant les formes fondamentales
de projection (nage-no-kata), de contrôle au sol (katame-no-kata)
et de combat réel (shinken-no-kata). Le quatrième kata
enseigne les formes de la souplesse (ju-no-kata), consistant
en techniques de déplacements, d'esquives et de combinaisons,
tandis que le cinquième kata (koshiki-no-kata) s'attache aux
formes antiques de combat. Le sixième kata (itsutsu-no-kata)
est composé de cinq techniques spéciales. Le septième est
consacré dans sa première partie à vingt-huit coups et dans sa
seconde partie à dix mouvements et dix techniques relatifs à
des formes d'éducation physique fondamentale (seiroku-zen'yo).
Les deux derniers katas, s'adressant à des judokas très
expérimentés, caractérisent des techniques d'autodéfense
pures. Les katas représentent l'éthique du judo, l'équivalent
de la leçon d'escrime, où les mêmes gestes, techniques et
mouvements sont répétés pour perpétuer la tradition dans son
essence même.
Les compétitions et les champions
Des championnats du monde, créés en 1956 pour les hommes et en
1980 pour les femmes, se disputent tous les deux ans. Des
championnats d'Europe, institués en 1951 pour les hommes et en
1975 pour les femmes, se déroulent chaque année. Inscrit aux
jeux Olympiques de Tokyo en 1964, le judo, absent en 1968,
fait définitivement partie du programme olympique, pour les
hommes, depuis 1972. Le judo féminin est discipline olympique
depuis 1992.
Il existe sept catégories de poids chez les hommes (60 kg, 66
kg, 73 kg, 81 kg, 90 kg, 100 kg et plus de 100 kg) et autant
chez les dames (48 kg, 52 kg, 57 kg, 63 kg, 70 kg, 78 kg et
plus de 78 kg). Il existe également une épreuve ‹ toutes
catégories › qui voit s'opposer des champions quelles que
soient leur catégorie de poids.
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Les clubs de judo et disciplines
assimilées du nord pas de calais |
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