Reconnaissance
La Communauté Française de Belgique a reconnu officiellement le
picard comme langue régionale à part entière, aux côtés du
wallon, du gaumais (lorrain), du champenois et du francique
(décret de 1990).
Il n'en va pas de même de l'État français qui n'a pas encore
franchi ce pas (conformément à sa politique d'unité
linguistique, qui ne reconnaît que la langue officielle sur le
territoire national), bien que certains rapports aient reconnu
le picard comme une langue séparée du français.
Voici à ce sujet un extrait du rapport du Professeur Bernard
Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue
française (branche du CNRS) au Ministre français de l'Éducation
nationale, de la recherche et de la technologie ainsi qu'à la
Ministre française de la culture et de la communication sur les
langues de la France (avril 1999) :
L'écart n'a cessé de se creuser entre le français et les
variétés de la langue d'oïl, que l'on ne saurait considérer
aujourd'hui comme des « dialectes du français » ; franc-comtois,
wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais,
bourguignon-morvandiau, lorrain doivent être retenus parmi les
langues régionales de la France ; on les qualifiera dès lors de
« langues d'oïl », en les rangeant dans la liste [des langues
régionales de la France].
Le picard bénéficie néanmoins, comme toutes les autres langues
de France, des actions menées par la Délégation Générale à la
Langue Française et aux Langues de France du Ministère de la
Culture.
Origine et variation dialectale
Le picard fait partie des langues d'oïl (comme le français) et
appartient à la famille des langues gallo-romanes. Il s'agit
d'un ensemble de variétés utilisées à l'écrit (scriptae) dans le
Nord de la France dès avant l'an 1000 (le Sud de la France
utilisait alors plutôt les langues d'oc, ou occitan). C'est
d'ailleurs souvent aux langues d'oïl que l'on fait référence
lorsque l'on parle d'ancien français.
Le picard est phonétiquement assez bien différencié des langues
d'oïl centrales, qui donneront naissance au français ; parmi les
traits les plus remarquables, on peut noter une évolution moins
marquée en picard des phénomènes de palatalisation, qui frappent
dans les langues d'oïl /k/ ou /g/ devant /y/ (son initial de
yacht), /i/ et /e/ toniques, ainsi que devant /a/ et /ɔ/ (/o/
ouvert de porte) toniques pour l'ancien français central mais
pas le picard :
picard keval ~ ancien français cheval (prononcé tcheval), de *kábal
(latin vulgaire cáballus) : maintien du /k/ originel en picard
devant /a/ et /ɔ/ toniques ;
picard gambe ~ ancien français jambe (prononcé djambe), de *gámbe
(latin vulgaire gámba) : absence de palatalisation de /g/ en
picard devant /a/ et /ɔ/ toniques ;
picard kief ~ ancien français chef, de *káf (latin cáput) :
palatalisation moins importante du /k/ en picard ;
picard cherf (prononcé tcherf) ~ ancien français cerf (prononcé
tserf), de *kárf (latin cérvus) : palatalisation simple en
picard, palatalisation puis assibilation en ancien français.
On peut résumer ces effets de palatalisation ainsi :
/k/ + /y/, /i/ ou /e/ (toniques) : picard /ʧ/ (prononcé tch et
noté par ch) ~ ancien français /ts/ (noté par c) ;
/k/ et /g/ + /a/ ou /ɔ/ toniques : picard /k/ et /g/ ~ ancien
français /ʧ/ (noté ch) et /ʤ/ (prononcé dj comme dans djebel et
noté par j).
Ainsi, l'on en arrive à des oppositions frappantes, telles que
picard cachier (prononcé catchier) ~ ancien français chacier
(prononcé tchatsier, lequel deviendra plus tard chasser, forme
du français moderne).
Du fait de la proximité du Nord et de la région parisienne, le
français, c'est-à-dire principalement l'ensemble de langues
parlées autour de Paris, influencèrent beaucoup le picard. De
cette proximité entre le picard et le français vient d'ailleurs
la difficulté à le reconnaître comme une langue à part plutôt
que comme « une déformation du Français », comme on le pense
souvent.
Le picard se manifeste comme un ensemble de variétés,
extrêmement proches cependant. Un énumération précise reste
difficile en l'absence d'études spécifiques sur la variation
dialectale, mais on peut probablement distinguer provisoirement
les principales variétés suivantes : Amiénois, Vimeu-Ponthieu,
Vermandois, Thiérache, Beauvaisis, « chtimi » (Bassin Minier,
Lille), variétés circum-lilloises (Roubaix, Tourcoing, Mouscron,
Comines), « rouchi » (Valenciennois) et Tournaisis, Borain,
Artésien rural, Boulonnais. Ces variétés se définissent par des
traits phonétiques, morphologiques ou lexicaux spécifiques, et
parfois par une tradition littéraire particulière.
différences picard du sud/du nord
On peut en gros voir deux grandes régions où sont parlées les 2
variétés de picard les plus connues: le nord-pas-de-calais avec
son bassin minier, et la Somme, plus précisément dans
l'Amiénois. On remarque surtout plusieurs différences régulières
et frappantes entre les deux types de parlers, ainsi :
Oé/O: Sud: J'étoé; Nord: J'éto (J'étais)
Ieu/Ieau: Sud: Catieu; Nord: Catieau (Château)
Tch/K: Sud: Tchien; Nord: Kien (Chien)
O/A: Sud: Co; Nord: Ca (chat)
Oin/On: Sud: Boin; Nord: Bon (Bon)
Quelques mots et expressions
De nombreux mots patois sont très proches du français mais un
grand nombre de mots lui sont totalement spécifiques,
principalement des mots du jargon minier.
Voici quelques expressions typiques du Nord :
Mi à quatre heures, j'archine eune bonne tartine.
Moi à quatre heures, je mange une bonne tartine.
Quind un Ch'ti mi i'est'à l'agonie, savez vous bin che qui li
rind la vie ? I bot un d'mi. (Les Capenoules)
Quand un Nordiste est à l'agonie, savez-vous ce qui lui rend la
vie ? Il boit une bière.
Chuque : sucre, bonbon
Pindant l'briquet un galibot composot, assis sur un bos,
L'air d'eune musique qu'i sifflotot
Ch'étot tellemint bin fabriqué, qu'les mineurs lâchant leurs
briquets
Comminssotent à's'mette à'l'danser (Edmond Tanière - La polka du
mineur)
Pendant le casse-croûte un jeune mineur composa, assis sur un
bout de bois
L'air d'une musique qu'il sifflota
C'était tellement bien fait que les mineurs lâchant leurs
casse-croûte
Commencèrent à le danser.
Brayou : pleurnichard
I'n'faut pas qu'ches glaines is cantent pus fort que'ch'co.
Il ne faut pas que les poules chantent plus fort que le coq.
(remarque : cette maxime ne parle pas vraiment des gallinacés,
poules et coq étant mis ici pour parler des femmes et des
hommes)
Moqueu d'gins : railleur, persifleur (qui se moque des gens)
Ramaseu d'sous: personne âpre au gain
S'empierger : Se prendre les pieds dans quelque chose
L'usage du picard
Le picard n'est pas enseigné à l'école (en-dehors de quelques
initiatives ponctuelles et isolées) et n'est parlé qu'entre amis
ou en famille. Il fait néanmoins l'objet d'études et de
recherches dans les Universités de Lille et d'Amiens. Le
déplacement des personnes étant de nos jours bien différent de
ce qu'il était autrefois, les différentes variétés du picard
tendent à s'uniformiser. Dans sa pratique quotidienne, le picard
tend à perdre de son identité en se confondant avec le français
régional. D'ailleurs, de nos jours, si la plupart des Nordistes
peuvent comprendre le picard, de moins en moins sont capables de
le parler et ceux pour qui le picard est la langue maternelle
sont de plus en plus rares.
Cependant, le picard est loin d'être mort et constitue un
élément encore important et vivant de la vie quotidienne et du
folklore de cette région
Le picard à l'écrit
Le picard est maintenant avant tout une langue exclusivement
parlée. Ce n'a pas été le cas à l'origine : la période médiévale
puis celle correspondant au moyen français, en effet, sont
riches de textes littéraires en picard ; celui-ci, cependant,
n'a pas su s'imposer face à la langue littéraire interrégionale
qu'était devenu le français et s'est peu à peu réduit au statut
de « langue régionale ».
On trouve une littérature picarde récente qui date surtout des
deux derniers siècles, qui ont vu naître partout en France les
affirmations identitaires régionales en réponse au modèle
républicain centralisé issu de la Révolution. Aussi le picard
écrit n'est-il que la retranscription de l'oral. Pour cette
raison, on trouve souvent plusieurs orthographes (de la même
manière que pour le français avant que celui-ci ne soit
normalisé). L'une des orthographes s'inspire directement des
mots français. Elle est sans doute la plus simple à comprendre
mais elle est aussi sans doute à l'origine de l'idée selon
laquelle le picard n'est qu'une déformation du français.
Diverses réflexions orthographiques ont été menées depuis les
années 1960 pour pallier cet inconvénient, et donner au picard
une identité visuelle distincte du français. Il existe
actuellement un certain consensus, au moins parmi les
universitaires, autour de la graphie dite Feller-Carton
(adaptation au picard, par le professeur Fernand Carton, de
l'orthographe du wallon mise au point par Jules Feller).
Abrandoule : mal dégourdi
Acater : acheter. «acate à mi, t’iras au Paradis !»
Acoufter : recouvrir : terme minier
Agache : pie
Agosil : imbécile (à rapprocher de l’espagnol: alguazil)
Alambique : cafetière
Alloter ou hochenner : secouer, balancer
Amiteux : qui a de l’amitié
Angouche :douleur
Arquinquer : redresser, revigorer
Assir : asseoir (assit’ : à rapprocher de l’anglais: to sit)
Attarger : retarder (certains estaminets s’appelaient « la
Targette »)
Bager : embrasser
Bardalée : dîner de baptême
Barrou : berline vide (terme minier, à rapprocher de l’anglais :barrow)
Bénache : content (littéralement ; bien aise)
Bistoule : mélange de café de sucre et d’alcool
Bouque : bouche «ferme et’ bouque, tin nez i va querre ed’ dins»
(à rapprocher du latin bucca)
Brader (ou brichoder) : gâcher.
Braire : pleurer « …qui d’pis tros quart d’heure ,n’faijot que
d’braire » (L’Petit Quinquin)
Briquet : désigne la pause au fond de la mine et par extension
le casse-croûte du mineur (à rapprocher de l’anglais :break)
Buquer : frapper
Cacher : chercher ( l’ cache à loques)
Caracole : escargot (à rapprocher de l’espagnol: caracoles)
Caielle : une chaise
Chuc : sucre .«du chuc à gogo,si t’es sache et qu’té fais dodo »
- L’petit Quinquin. (à rapprocher de l’anglais: sugar)
Débouliquer : Réduire en purée
S’débouser : se désoler
Dégoter : surpasser «et in n’ pourra jamais dégoter les gars du
Nord…»
Dénorter : faire changer d’avis
Dépioter : Enlever la peau du lapin
Dringuelle : pourboire (à rapprocher de la langue germanique :
drink: boire et gelt: argent)
Ducasse : fête du village (à rapprocher de dédicace)
Eberzier : réduire en miettes
Escoupe : pelle de mineur (à rapprocher de l’anglais : a scoop)
Fermer el Quinquet : éteindre la Lampe
Fouan : taupe (à rapprocher de fouir : bêcher)
Gaïolle : cage (à rapprocher de l’anglais gaol :prison ,ou du
goal dans sa cage en football)
Galibot : jeune ouvrier mineur (12 ans en 1900 !)
Harnaiquer : habiller (à rapprocher du harnais du cheval)
Huche : porte (à rapprocher de l’huis en vieux français)
Indever ou dintier : faire enrager
Langreux : malingre
Leu : loup (à rapprocher de lieux-dits :canteleu, l’leu pindu
..)
Loque : chiffon ou vieil habit
Losse : paresseux (à rapprocher de l’allemand : die loss :pou)
on dit: fainéant comme un pou
Maguette : chèvre (à rapprocher de l’anglais :goat)
Manicraque : n’importe quel objet qui se tourne à la main (crin-crin,
moulin à café..)
Maronne : pantalon, culotte
Mier : manger (voir : les miettes)
Mitan : moitié
Mouque : mouche (à rapprocher du latin : musca)
Mucher : cacher (à rapprocher des souterrains appelés muches)
Naqu’ cieux : (ou glou-bec) difficile au repas
Ouvrer : travailler
Païelle : poêle (à rapprocher de l’espagnol : paëlla)
Pichon : poisson
Pluquer : manger sans appétit (à rapprocher de l’anglais : to
pluck)
Pourcheau : cochon «In n’ nourrit point un pourcheau à l’ieau
claire»
Querpion : trottoir (à rapprocher de l’anglais : kerb)
Ramintuver : remettre en mémoire
Ramon : balai (des ramons d’boule : faits avec des rameaux de
bouleau)
Raviser : regarder (ou arwettier à Lille ou Valenciennes, ou
arguetter à Boulogne)
Rimée : gelée blanche (à rapprocher de l’anglais: to rime)
Sauret : hareng saur
Séquoi : chose quelconque ( on ne sait quoi)
Séquir (ou réchuer ) : sécher
Souglou : hoquet
Torgnole (ou tatoule ) : gifle
Timpe : de bonne heure (à rapprocher du latin: tempore)
Toudis : toujours ( à rapprocher du latin :dies :jour) Lundi :
jour de la lune
Vaque : vache ( à rapprocher du latin :vacca)
Wassingue : serpillière (à rapprocher de l'anglais : washing
Sinliche : Produit nettoyant qu'on utilise avec la wassingue -
vient d une marque de savon qui a eu cours apres la guerre, qui
s'appelait SUNLIGHT. Qu'est-ce qu'on lave avec la wassingue et
le sinliche, c'est "l'a-terre"... le sol !
Zièpe : savon mou « ch’l’ape à zièpe :mât de cocagne » (à
rapprocher du néerlandais :ziep :savon)
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On raconte des histoires drôles entre
voisins et madame Cafougnette dit :
- Mi, o'z' avez bieau faire, quand in raconte des histoires, j'arrife
jamais à les arténir !
Un voisin affirme :
- Mi, j'sais pourquoi : cha rinte dins eun'orelle et ch'arsort
par l'aute !
Et Cafougnette rajoute :
- Ch'est parc'qu'y a rien intre deux pour les arténir !
Le petit Cafougnette discute avec un
copain dans la cour de l'école.
- T'as d'mindé quoi, ti, à ch'Père Noël ?
- Mi, j'ai d'mindé un train électrique, et ti ?
- Mi, j'ai d'mindé des tampax !
- Quo qu'ch'est qu'cha ?
- J'n'in sais rien ! Mais avec, té peux faire du vélo, du bidet,
de l'gym et pis nager à l'piscine !
Cafougnette discute au bistrot :
- Mi, je m'rappelle d'min catéchime avec monsieur l'curé !
El'premier jour, Diu i a fait el'Terre
El'deuxième, i a fait ches montagnes et l'mer
El'trosième, i a fait ches fleurs et ches fruits
El'quatrième, i a fait ches bêtes
El'chinquième, i a fait ch'l'homme
Ch'est seul'mint l'sixième jour qu'i a fait l'femme !
Ch'est là qu'in vot qu'i étot vraimint mate !
Cafougnette se rend au commissariat et
déclare :
- Monsieur l'commissaire, em'femme all' a disparu !
- Depuis combien de temps ?
- Cha va bétôt faire un an !
- Et c'est seulement maintenant que vous venez signaler sa
disparition ?
- Bin, j'osos pas l'croire !
Cafougnette rencontre un camarade.
- Cha va, Cafougnette ?
- Bof ! J'ai interré m'belle-mère el'semaine passée !
- Ah bon ! Quo qu'all' avot ?
- Pas grand cosse ! Chinq caïelles, inne tape, inne gard'robe et
pis gramint ed'fouffes !
Madame Cafougnette vient d'avoir son
permis. Elle s'engage à contre-sens sur l'autoroute.
- Mais i sont maboules ed'rouler si vite ! Et i n'savent pas
rouler à droite, binde ed-niqu'doules !
Finalement, elle se fait intercepter par la police.
- ej'm'in doutos qu'j'allos vous vir ! I m'faijottent tertous
des appels ed'phares !
Cafougnette rencontre un camarade.
- Alors Cafougnette, t'as trouvé d'l'ouvrache ?
- Ouais, mais ch'est terripe ! Faut s'léver à quatre heures !
Faut déchinde à six chints mètes ! Faut ouvrer al caleur ! Faut
supporter ch'porion qui est toudis sus tin dos ! T'as vingt
minutes pour minger ! T'as pas l'drot ed't'arrêter ! Et quand
qu't'armontes, t'es tellmint mate que té t'laiches querre comme
inne mouque jusqu'à c'que ch'revel i sonne à tros heures du
matin !
- Mais ch'est terripe ed'l'ouvrache parel ! Et té fais cha
ed'pis quand ?
- Ed'pis... d'main matin !
Madame Cafougnette va chez le médecin
toutes les semaines .
- Docteur, j'cros qu'min coeur i bat trop vite ! Docteur, j'cros
qu'mes boïaux i sont loïés ! Docteur, j'cros que j'vas pas
passer l'hiver !
A chaque fois, le médecin la rassure. Puis il ne la voit plus
pendant six mois.
Un jour, elle réapparaît dans son cabinet.
-Ah ! Ch'a fait longtimps que je ne vous avais pas vue !
- J'n'ai pas pu v'nir ! J'ai été malate !!
Cafougnette demande au médecin :
- Alors Docteur ? Vos croyez que j'dos m'faire opérer ?
- Ouais, mais ch'est pas grafe ! Ch'n'est qu'inne tiote
opération !
- Ouais, mais ch'est toudis imbêtint !
- Acoutez ! Chi vous voulez, vous n'avez qu'à printe un deuxième
avis médical !
- Ch'est cha ! J'arviens d'main Docteur !!
Cafougnette s'est perdu dans les bois.
Il voit une petit cabane et il frappe à la porte :
- Y'a quéqu'un ?
- Ouais ! répond un enfant.
- Tin père i est là ?
- Nan ! I est parti y'a un quart d'heure !
- Et t'mère, all'est là ?
- Nan, all'est partie d'ichi au momint qu'j'arrivos !
- Mais que famille ! O'n'êtes jamais insempe, alors ?
- Nan ! Ichi, ch'est ches cabinets !
Cafougnette, in promenade, vot sin
comarate sincier à joujouque in train ed'traire inne vaque. Il
n'arrête pas de se masser el'dos telmint qu'il a maux à ses
reins.
Cafougnette li dit :
- T'es devros printe inne caïelle pour moins t'fatiguer !
Cafougnette continue s'prom'nade et arvient inne heure après. I
vot sin comarate toudis à joujouque :
- T'as pas essayé ed'printe inne caïelle ?
- Si, mais l'vaque all'n'veut pas s'assir ed-ssus !
El'mère d'un tiot garchon est
mécontinte :
- T'es queu de tin biclo avec tin nouviau patalon ?
- Ben ouais... Excuse-me, Man, j'n'ai pas eu l'timps d'l'inlever
!
Cafougnette, au moment du briquet,
déballe ses tartines :
- Cor toudis du pâté et des cornichons ! j'n'ai pas querre cha !
Et il jette ses tartines dans une berline.
Le lendemain, au briquet :
- Cor des tartines et pis des cornichons ! Beurk !
Et il jette le tout dans une berline.
Le lendemain, il jette directement son paquet sans l'ouvrir. Son
camarade lui dit :
-T'auros du raviser quand même ! P-ête que t'femme al't'a mis
aut'cosse que du pâté et des cornichons !
- Nan ! Je l'sais qu'ch'est du pâté et pis des cornichons !
Ch'est mi qui les fait,... mes tartines !
Cafougnette discute au comptoir :
-Que vie qu'in mène, à ch't'heure ! Té t'rinds compte, ches
Américains i z'ont marché sur el'lune ! In invot des fusées sur
Mars ! In va bétôt tertous partir in vacances sur tous ches
planètes ! Bétôt, cha s'ra sus l'solel !
- Mais nan, innochint, sus l'solel, in n'peut point ! Té t'rinds
pas compte de l'caleur qu'i fait labos ?
- Ouais ! Mais y'a qu'à y aller dins l'nuit !
A l'école, l'instituteur demande au
petit Cafougnette d'aller au tableau pour corriger un problème :
- Ton père achète 10 litres de vin à 1,50 € le litre. Combien ça
lui fait ?
- Oh, avec min père, cha li fait 2 jours ! |