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Cafougnette
Dans la région Nord-Pas-de-Calais, le héros des histoires drôles s'appelle en général Cafougnette. C'est Jules Mousseron, poète et mineur à Denain (près de Valenciennes 59), qui a créé ce personnage. Après sa mort, en 1943, les gens de la région ont intégré le personnage de Cafougnette dans leur folklore.


Jules Mousseron
Jules Mousseron
 
 
 
 
 
 
 
Cafougnette suit le convoi d'un enterrement. Un de ses amis vient le rejoindre et dit :
- Alors Cafougnette ! J'ai chu que t'femme cha n'allot pas tros fort ! Commint qu'all'va ?
Et Cafougnette, montrant le corbillard :
- Comme té vos... Tout duch'mint !
 
 
Cafougnette rentre chez lui avec deux pneuds de voiture. Sa femme lui dit :
- T'es pas malate ! A quo qu'cha sert d'rapporter des pneus à l'mason ! In n'a même pas d'carette !
- Et alors ? Ti t'as bin un soutien-gorche !!
 
 
 
Cafougnette est victive d'un éboulement au fond de la mine : il est prisonnier dans une galerie avec un camarade.
- Té connos inne prière, ti ?
- Nan, j'n'in connos point !
Cafougnette insiste :
- T'allos pas à l'égliche pou t'communion ?
- Nan !
- Té n'vos pas qu'in va mourir ichi ! Faudrot faire quett'cosse ed'religieux, comme in fait à l'égliche !
- J'ai inne idée... in va faire inne quête !
 
 
 
Cafougnette marche dins'ch'désert in portant inne portière ed'carrette. I rinconte inne troupe ed'légionnaire qui li d'minde:
- Pourquoi avoir une portière si loin dans le désert ?
Cafougnette répond:
- Comme cha, quand j'ai caud, i'm'suffit ed'baicher ch'carreau pou avoir d'lair !
 
 
 
 
Cafougnette travaille au fond de la mine. Il doit transporter sur le chantier des bois de soutènement.
Le porion l'interpelle :
- Hé là, ti ! Commint qu'cha s'fait qu'té portes seul'mint un bos à l'fos ?
Tes comarates, i n'in portent deux à chaque cop !
- Ouais, mais eusses, i sont trop fates pour faire deux voïaches comme mi !
 
 
 
Cafougnette est en train de sculter une statue de Sainte-Barbe.
Un de ses camarades d'approche et le regarde faire.
- Ch'est du boulot, hein !
- Mais nan, innochint, ch'est du quêne !
 
 
 
 
C'est une institutrice qui est envoyée dans une école dans laquelle les enfants ont un langage patois prononcé.
L'institutrice commence :
- Bon, les enfants, vous allez me dire ce que vous avez eu comme cadeau de Noël.
Un premier enfant lève la main et dit :
- Mi, à Noël, j'ai eu inne poupée qui piche et qui cante
- On ne dit pas cela comme ça, dit l'institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j'ai eu une poupée qui fait pipi et qui chante".

Un autre enfant lève la main et dit :
- Mi, à Noël, j'ai eu inne carette qui fonche à toute berzing
- On ne dit pas cela comme ça, dit l'institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j'ai eu une voiture qui roule à toute allure".

Un troisième lève la main et dit:
- Mi, à Noël, j'ai eu in vélo
- C'est très bien, dit l'institutrice, et un beau ?
- Nin, in fer
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le picard est une langue proche du français ; c'est donc une langue romane. Il est parlé en France dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, et dans l'ouest de la Wallonie (Belgique).
Dans la région Picardie, on parle de picard, alors qu'on emploie plutôt les sobriquets ch'ti, ch'timi dans le Nord-Pas-de-Calais (et Rouchi dans la région de Valenciennes) même si les Nordistes parlent simplement de patois. Les linguistes emploient uniquement la désignation de picard. En effet, qu'on l'appelle patois, picard ou « ch'ti », il s'agit de la même langue, et les variétés qui sont parlées en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais sont assez largement inter compréhensibles

 
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Le dictionnaire Ch'timi: ABC  DEF  GHI  JKL  MNO  PQR  STU  VWXYZ 
Reconnaissance
La Communauté Française de Belgique a reconnu officiellement le picard comme langue régionale à part entière, aux côtés du wallon, du gaumais (lorrain), du champenois et du francique (décret de 1990).

Il n'en va pas de même de l'État français qui n'a pas encore franchi ce pas (conformément à sa politique d'unité linguistique, qui ne reconnaît que la langue officielle sur le territoire national), bien que certains rapports aient reconnu le picard comme une langue séparée du français.

Voici à ce sujet un extrait du rapport du Professeur Bernard Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue française (branche du CNRS) au Ministre français de l'Éducation nationale, de la recherche et de la technologie ainsi qu'à la Ministre française de la culture et de la communication sur les langues de la France (avril 1999) :

L'écart n'a cessé de se creuser entre le français et les variétés de la langue d'oïl, que l'on ne saurait considérer aujourd'hui comme des « dialectes du français » ; franc-comtois, wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais, bourguignon-morvandiau, lorrain doivent être retenus parmi les langues régionales de la France ; on les qualifiera dès lors de « langues d'oïl », en les rangeant dans la liste [des langues régionales de la France].
Le picard bénéficie néanmoins, comme toutes les autres langues de France, des actions menées par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France du Ministère de la Culture.
Origine et variation dialectale
Le picard fait partie des langues d'oïl (comme le français) et appartient à la famille des langues gallo-romanes. Il s'agit d'un ensemble de variétés utilisées à l'écrit (scriptae) dans le Nord de la France dès avant l'an 1000 (le Sud de la France utilisait alors plutôt les langues d'oc, ou occitan). C'est d'ailleurs souvent aux langues d'oïl que l'on fait référence lorsque l'on parle d'ancien français.

Le picard est phonétiquement assez bien différencié des langues d'oïl centrales, qui donneront naissance au français ; parmi les traits les plus remarquables, on peut noter une évolution moins marquée en picard des phénomènes de palatalisation, qui frappent dans les langues d'oïl /k/ ou /g/ devant /y/ (son initial de yacht), /i/ et /e/ toniques, ainsi que devant /a/ et /ɔ/ (/o/ ouvert de porte) toniques pour l'ancien français central mais pas le picard :

picard keval ~ ancien français cheval (prononcé tcheval), de *kábal (latin vulgaire cáballus) : maintien du /k/ originel en picard devant /a/ et /ɔ/ toniques ;
picard gambe ~ ancien français jambe (prononcé djambe), de *gámbe (latin vulgaire gámba) : absence de palatalisation de /g/ en picard devant /a/ et /ɔ/ toniques ;
picard kief ~ ancien français chef, de *káf (latin cáput) : palatalisation moins importante du /k/ en picard ;
picard cherf (prononcé tcherf) ~ ancien français cerf (prononcé tserf), de *kárf (latin cérvus) : palatalisation simple en picard, palatalisation puis assibilation en ancien français.
On peut résumer ces effets de palatalisation ainsi :

/k/ + /y/, /i/ ou /e/ (toniques) : picard /ʧ/ (prononcé tch et noté par ch) ~ ancien français /ts/ (noté par c) ;
/k/ et /g/ + /a/ ou /ɔ/ toniques : picard /k/ et /g/ ~ ancien français /ʧ/ (noté ch) et /ʤ/ (prononcé dj comme dans djebel et noté par j).
Ainsi, l'on en arrive à des oppositions frappantes, telles que picard cachier (prononcé catchier) ~ ancien français chacier (prononcé tchatsier, lequel deviendra plus tard chasser, forme du français moderne).

Du fait de la proximité du Nord et de la région parisienne, le français, c'est-à-dire principalement l'ensemble de langues parlées autour de Paris, influencèrent beaucoup le picard. De cette proximité entre le picard et le français vient d'ailleurs la difficulté à le reconnaître comme une langue à part plutôt que comme « une déformation du Français », comme on le pense souvent.

Le picard se manifeste comme un ensemble de variétés, extrêmement proches cependant. Un énumération précise reste difficile en l'absence d'études spécifiques sur la variation dialectale, mais on peut probablement distinguer provisoirement les principales variétés suivantes : Amiénois, Vimeu-Ponthieu, Vermandois, Thiérache, Beauvaisis, « chtimi » (Bassin Minier, Lille), variétés circum-lilloises (Roubaix, Tourcoing, Mouscron, Comines), « rouchi » (Valenciennois) et Tournaisis, Borain, Artésien rural, Boulonnais. Ces variétés se définissent par des traits phonétiques, morphologiques ou lexicaux spécifiques, et parfois par une tradition littéraire particulière.
différences picard du sud/du nord
On peut en gros voir deux grandes régions où sont parlées les 2 variétés de picard les plus connues: le nord-pas-de-calais avec son bassin minier, et la Somme, plus précisément dans l'Amiénois. On remarque surtout plusieurs différences régulières et frappantes entre les deux types de parlers, ainsi :

Oé/O: Sud: J'étoé; Nord: J'éto (J'étais)
Ieu/Ieau: Sud: Catieu; Nord: Catieau (Château)
Tch/K: Sud: Tchien; Nord: Kien (Chien)
O/A: Sud: Co; Nord: Ca (chat)
Oin/On: Sud: Boin; Nord: Bon (Bon)
Quelques mots et expressions
De nombreux mots patois sont très proches du français mais un grand nombre de mots lui sont totalement spécifiques, principalement des mots du jargon minier.

Voici quelques expressions typiques du Nord :

Mi à quatre heures, j'archine eune bonne tartine.
Moi à quatre heures, je mange une bonne tartine.
Quind un Ch'ti mi i'est'à l'agonie, savez vous bin che qui li rind la vie ? I bot un d'mi. (Les Capenoules)
Quand un Nordiste est à l'agonie, savez-vous ce qui lui rend la vie ? Il boit une bière.
Chuque : sucre, bonbon
Pindant l'briquet un galibot composot, assis sur un bos,
L'air d'eune musique qu'i sifflotot
Ch'étot tellemint bin fabriqué, qu'les mineurs lâchant leurs briquets
Comminssotent à's'mette à'l'danser (Edmond Tanière - La polka du mineur)
Pendant le casse-croûte un jeune mineur composa, assis sur un bout de bois
L'air d'une musique qu'il sifflota
C'était tellement bien fait que les mineurs lâchant leurs casse-croûte
Commencèrent à le danser.
Brayou : pleurnichard
I'n'faut pas qu'ches glaines is cantent pus fort que'ch'co.
Il ne faut pas que les poules chantent plus fort que le coq. (remarque : cette maxime ne parle pas vraiment des gallinacés, poules et coq étant mis ici pour parler des femmes et des hommes)
Moqueu d'gins : railleur, persifleur (qui se moque des gens)
Ramaseu d'sous: personne âpre au gain
S'empierger : Se prendre les pieds dans quelque chose
L'usage du picard
Le picard n'est pas enseigné à l'école (en-dehors de quelques initiatives ponctuelles et isolées) et n'est parlé qu'entre amis ou en famille. Il fait néanmoins l'objet d'études et de recherches dans les Universités de Lille et d'Amiens. Le déplacement des personnes étant de nos jours bien différent de ce qu'il était autrefois, les différentes variétés du picard tendent à s'uniformiser. Dans sa pratique quotidienne, le picard tend à perdre de son identité en se confondant avec le français régional. D'ailleurs, de nos jours, si la plupart des Nordistes peuvent comprendre le picard, de moins en moins sont capables de le parler et ceux pour qui le picard est la langue maternelle sont de plus en plus rares.

Cependant, le picard est loin d'être mort et constitue un élément encore important et vivant de la vie quotidienne et du folklore de cette région
Le picard à l'écrit
Le picard est maintenant avant tout une langue exclusivement parlée. Ce n'a pas été le cas à l'origine : la période médiévale puis celle correspondant au moyen français, en effet, sont riches de textes littéraires en picard ; celui-ci, cependant, n'a pas su s'imposer face à la langue littéraire interrégionale qu'était devenu le français et s'est peu à peu réduit au statut de « langue régionale ».

On trouve une littérature picarde récente qui date surtout des deux derniers siècles, qui ont vu naître partout en France les affirmations identitaires régionales en réponse au modèle républicain centralisé issu de la Révolution. Aussi le picard écrit n'est-il que la retranscription de l'oral. Pour cette raison, on trouve souvent plusieurs orthographes (de la même manière que pour le français avant que celui-ci ne soit normalisé). L'une des orthographes s'inspire directement des mots français. Elle est sans doute la plus simple à comprendre mais elle est aussi sans doute à l'origine de l'idée selon laquelle le picard n'est qu'une déformation du français. Diverses réflexions orthographiques ont été menées depuis les années 1960 pour pallier cet inconvénient, et donner au picard une identité visuelle distincte du français. Il existe actuellement un certain consensus, au moins parmi les universitaires, autour de la graphie dite Feller-Carton (adaptation au picard, par le professeur Fernand Carton, de l'orthographe du wallon mise au point par Jules Feller).


Abrandoule : mal dégourdi
Acater : acheter. «acate à mi, t’iras au Paradis !»
Acoufter : recouvrir : terme minier
Agache : pie
Agosil : imbécile (à rapprocher de l’espagnol: alguazil)
Alambique : cafetière
Alloter ou hochenner : secouer, balancer
Amiteux : qui a de l’amitié
Angouche :douleur
Arquinquer : redresser, revigorer
Assir : asseoir (assit’ : à rapprocher de l’anglais: to sit)
Attarger : retarder (certains estaminets s’appelaient « la Targette »)
Bager : embrasser
Bardalée : dîner de baptême
Barrou : berline vide (terme minier, à rapprocher de l’anglais :barrow)
Bénache : content (littéralement ; bien aise)
Bistoule : mélange de café de sucre et d’alcool
Bouque : bouche «ferme et’ bouque, tin nez i va querre ed’ dins» (à rapprocher du latin bucca)
Brader (ou brichoder) : gâcher.
Braire : pleurer « …qui d’pis tros quart d’heure ,n’faijot que d’braire » (L’Petit Quinquin)
Briquet : désigne la pause au fond de la mine et par extension le casse-croûte du mineur (à rapprocher de l’anglais :break)
Buquer : frapper
Cacher : chercher ( l’ cache à loques)
Caracole : escargot (à rapprocher de l’espagnol: caracoles)
Caielle : une chaise
Chuc : sucre .«du chuc à gogo,si t’es sache et qu’té fais dodo » - L’petit Quinquin. (à rapprocher de l’anglais: sugar)
Débouliquer : Réduire en purée
S’débouser : se désoler
Dégoter : surpasser «et in n’ pourra jamais dégoter les gars du Nord…»
Dénorter : faire changer d’avis
Dépioter : Enlever la peau du lapin
Dringuelle : pourboire (à rapprocher de la langue germanique : drink: boire et gelt: argent)
Ducasse : fête du village (à rapprocher de dédicace)
Eberzier : réduire en miettes
Escoupe : pelle de mineur (à rapprocher de l’anglais : a scoop)
Fermer el Quinquet : éteindre la Lampe
Fouan : taupe (à rapprocher de fouir : bêcher)
Gaïolle : cage (à rapprocher de l’anglais gaol :prison ,ou du goal dans sa cage en football)
Galibot : jeune ouvrier mineur (12 ans en 1900 !)
Harnaiquer : habiller (à rapprocher du harnais du cheval)
Huche : porte (à rapprocher de l’huis en vieux français)
Indever ou dintier : faire enrager
Langreux : malingre
Leu : loup (à rapprocher de lieux-dits :canteleu, l’leu pindu ..)
Loque : chiffon ou vieil habit
Losse : paresseux (à rapprocher de l’allemand : die loss :pou) on dit: fainéant comme un pou
Maguette : chèvre (à rapprocher de l’anglais :goat)
Manicraque : n’importe quel objet qui se tourne à la main (crin-crin, moulin à café..)
Maronne : pantalon, culotte
Mier : manger (voir : les miettes)
Mitan : moitié
Mouque : mouche (à rapprocher du latin : musca)
Mucher : cacher (à rapprocher des souterrains appelés muches)
Naqu’ cieux : (ou glou-bec) difficile au repas
Ouvrer : travailler
Païelle : poêle (à rapprocher de l’espagnol : paëlla)
Pichon : poisson
Pluquer : manger sans appétit (à rapprocher de l’anglais : to pluck)
Pourcheau : cochon «In n’ nourrit point un pourcheau à l’ieau claire»
Querpion : trottoir (à rapprocher de l’anglais : kerb)
Ramintuver : remettre en mémoire
Ramon : balai (des ramons d’boule : faits avec des rameaux de bouleau)
Raviser : regarder (ou arwettier à Lille ou Valenciennes, ou arguetter à Boulogne)
Rimée : gelée blanche (à rapprocher de l’anglais: to rime)
Sauret : hareng saur
Séquoi : chose quelconque ( on ne sait quoi)
Séquir (ou réchuer ) : sécher
Souglou : hoquet
Torgnole (ou tatoule ) : gifle
Timpe : de bonne heure (à rapprocher du latin: tempore)
Toudis : toujours ( à rapprocher du latin :dies :jour) Lundi : jour de la lune
Vaque : vache ( à rapprocher du latin :vacca)
Wassingue : serpillière (à rapprocher de l'anglais : washing
Sinliche : Produit nettoyant qu'on utilise avec la wassingue - vient d une marque de savon qui a eu cours apres la guerre, qui s'appelait SUNLIGHT. Qu'est-ce qu'on lave avec la wassingue et le sinliche, c'est "l'a-terre"... le sol !
Zièpe : savon mou « ch’l’ape à zièpe :mât de cocagne » (à rapprocher du néerlandais :ziep :savon)

 
On raconte des histoires drôles entre voisins et madame Cafougnette dit :
- Mi, o'z' avez bieau faire, quand in raconte des histoires, j'arrife jamais à les arténir !
Un voisin affirme :
- Mi, j'sais pourquoi : cha rinte dins eun'orelle et ch'arsort par l'aute !
Et Cafougnette rajoute :
- Ch'est parc'qu'y a rien intre deux pour les arténir !
 

Le petit Cafougnette discute avec un copain dans la cour de l'école.
- T'as d'mindé quoi, ti, à ch'Père Noël ?
- Mi, j'ai d'mindé un train électrique, et ti ?
- Mi, j'ai d'mindé des tampax !
- Quo qu'ch'est qu'cha ?
- J'n'in sais rien ! Mais avec, té peux faire du vélo, du bidet, de l'gym et pis nager à l'piscine !
 

Cafougnette discute au bistrot :
- Mi, je m'rappelle d'min catéchime avec monsieur l'curé !
El'premier jour, Diu i a fait el'Terre
El'deuxième, i a fait ches montagnes et l'mer
El'trosième, i a fait ches fleurs et ches fruits
El'quatrième, i a fait ches bêtes
El'chinquième, i a fait ch'l'homme
Ch'est seul'mint l'sixième jour qu'i a fait l'femme !
Ch'est là qu'in vot qu'i étot vraimint mate !

Cafougnette se rend au commissariat et déclare :
- Monsieur l'commissaire, em'femme all' a disparu !
- Depuis combien de temps ?
- Cha va bétôt faire un an !
- Et c'est seulement maintenant que vous venez signaler sa disparition ?
- Bin, j'osos pas l'croire !

Cafougnette rencontre un camarade.
- Cha va, Cafougnette ?
- Bof ! J'ai interré m'belle-mère el'semaine passée !
- Ah bon ! Quo qu'all' avot ?
- Pas grand cosse ! Chinq caïelles, inne tape, inne gard'robe et pis gramint ed'fouffes !

Madame Cafougnette vient d'avoir son permis. Elle s'engage à contre-sens sur l'autoroute.
- Mais i sont maboules ed'rouler si vite ! Et i n'savent pas rouler à droite, binde ed-niqu'doules !
Finalement, elle se fait intercepter par la police.
- ej'm'in doutos qu'j'allos vous vir ! I m'faijottent tertous des appels ed'phares !

Cafougnette rencontre un camarade.
- Alors Cafougnette, t'as trouvé d'l'ouvrache ?
- Ouais, mais ch'est terripe ! Faut s'léver à quatre heures ! Faut déchinde à six chints mètes ! Faut ouvrer al caleur ! Faut supporter ch'porion qui est toudis sus tin dos ! T'as vingt minutes pour minger ! T'as pas l'drot ed't'arrêter ! Et quand qu't'armontes, t'es tellmint mate que té t'laiches querre comme inne mouque jusqu'à c'que ch'revel i sonne à tros heures du matin !
- Mais ch'est terripe ed'l'ouvrache parel ! Et té fais cha ed'pis quand ?
- Ed'pis... d'main matin !

Madame Cafougnette va chez le médecin toutes les semaines .
- Docteur, j'cros qu'min coeur i bat trop vite ! Docteur, j'cros qu'mes boïaux i sont loïés ! Docteur, j'cros que j'vas pas passer l'hiver !
A chaque fois, le médecin la rassure. Puis il ne la voit plus pendant six mois.
Un jour, elle réapparaît dans son cabinet.
-Ah ! Ch'a fait longtimps que je ne vous avais pas vue !
- J'n'ai pas pu v'nir ! J'ai été malate !!

Cafougnette demande au médecin :
- Alors Docteur ? Vos croyez que j'dos m'faire opérer ?
- Ouais, mais ch'est pas grafe ! Ch'n'est qu'inne tiote opération !
- Ouais, mais ch'est toudis imbêtint !
- Acoutez ! Chi vous voulez, vous n'avez qu'à printe un deuxième avis médical !
- Ch'est cha ! J'arviens d'main Docteur !!

Cafougnette s'est perdu dans les bois. Il voit une petit cabane et il frappe à la porte :
- Y'a quéqu'un ?
- Ouais ! répond un enfant.
- Tin père i est là ?
- Nan ! I est parti y'a un quart d'heure !
- Et t'mère, all'est là ?
- Nan, all'est partie d'ichi au momint qu'j'arrivos !
- Mais que famille ! O'n'êtes jamais insempe, alors ?
- Nan ! Ichi, ch'est ches cabinets !

Cafougnette, in promenade, vot sin comarate sincier à joujouque in train ed'traire inne vaque. Il n'arrête pas de se masser el'dos telmint qu'il a maux à ses reins.
Cafougnette li dit :
- T'es devros printe inne caïelle pour moins t'fatiguer !
Cafougnette continue s'prom'nade et arvient inne heure après. I vot sin comarate toudis à joujouque :
- T'as pas essayé ed'printe inne caïelle ?
- Si, mais l'vaque all'n'veut pas s'assir ed-ssus !

El'mère d'un tiot garchon est mécontinte :
- T'es queu de tin biclo avec tin nouviau patalon ?
- Ben ouais... Excuse-me, Man, j'n'ai pas eu l'timps d'l'inlever !

Cafougnette, au moment du briquet, déballe ses tartines :
- Cor toudis du pâté et des cornichons ! j'n'ai pas querre cha !
Et il jette ses tartines dans une berline.
Le lendemain, au briquet :
- Cor des tartines et pis des cornichons ! Beurk !
Et il jette le tout dans une berline.
Le lendemain, il jette directement son paquet sans l'ouvrir. Son camarade lui dit :
-T'auros du raviser quand même ! P-ête que t'femme al't'a mis aut'cosse que du pâté et des cornichons !
- Nan ! Je l'sais qu'ch'est du pâté et pis des cornichons ! Ch'est mi qui les fait,... mes tartines !
 

Cafougnette discute au comptoir :
-Que vie qu'in mène, à ch't'heure ! Té t'rinds compte, ches Américains i z'ont marché sur el'lune ! In invot des fusées sur Mars ! In va bétôt tertous partir in vacances sur tous ches planètes ! Bétôt, cha s'ra sus l'solel !
- Mais nan, innochint, sus l'solel, in n'peut point ! Té t'rinds pas compte de l'caleur qu'i fait labos ?
- Ouais ! Mais y'a qu'à y aller dins l'nuit !

A l'école, l'instituteur demande au petit Cafougnette d'aller au tableau pour corriger un problème :
- Ton père achète 10 litres de vin à 1,50 € le litre. Combien ça lui fait ?
- Oh, avec min père, cha li fait 2 jours !

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