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Jeux traditionnels
Les jeux où l'on fait donner les animaux
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Les combats de coqs : devenus une tradition ancrée dans les
Flandres sous Napoléon III. Une première loi les interdit tout à
fait en 1963. Mais la fédération des coqueleux se battit bec,
ongles et ergots, et obtint, par une loi de 1964, des
dérogations pour les localités où cette pratique était
coutumière. Aussi, on peut encore voir l'organisateur d'un
combat de coqs monter un ring aux proportions des guerriers
emplumés. Les ergots sont remplacés par des dards d'acier. Et
l'affaire commence. Et se termine par la mort d'un des coqs.
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Les pigeons voyageurs : tradition moins violente donc. Les coulonneux (éleveurs de coulons - « pigeon » en ch'ti) sont le
plus souvent des mineurs à la retraite, les derniers ouvriers du
textile, des dockers ou des petits fonctionnaires. C'est un jeu
traditionnel des petites classes laborieuses. On lâche les
oiseaux depuis loin, jusqu'à huit cents ou mille kilomètres. Et
le premier pigeon arrivé à la maison gagne le prix, parfois
important.
- On citera en passant le concours de pinsons dans la catégorie
des jeux d'animaux. C'est à celui qui alignera dans le moins de
temps le plus de trilles.
- Les concours de chiens ratiers. Un truc de malades. On
introduit dans une cage, où trottent éperdument trois rats, un
chien. Le chien tue les rats. Chrono. Puis rebelote avec trois
autres rats et un autre chien. Rechrono. Et ainsi de suite. Le
gagnant est le tueur le plus rapide.
Les jeux de lancer
- Le jeu de bouchons : il s'agit d'abattre des bouchons
(aujourd'hui en bois) avec des palets de métal. Grande adresse
requise.
- Le jeu de javelot : c'est le jeu de fléchettes en plus grand.
Les flèches font soixante centimètres et la cible est un
mannequin de paille.
- Le jeu de billon : là, il s'agit de balancer un rond de bois
de quatre kilos et d'un mètre de diamètre à neuf mètres, le plus
près possible du but, en l'occurrence un poteau.
- Comme jeux de lancer, on citera encore la crosse (qui est
l'ancêtre du golf) et les quilles (ancêtres du bowling).
Les jeux de tir
- Le tir à l'arc
- Le tir à la perche : en haut de la perche se trouve le
papegai. Un papegai gros comme un roitelet. On a vu abattre
d'une première volée une prune à trente-trois mètres, par des
porteurs de carquois flamands.
- Le tir à l'arbalète : à voir absolument, pour la beauté des
instruments et l'adresse exceptionnelle des tireurs. Ils vous
feraient bouler un lièvre à la course.
Voilà pour les jeux. Et le dimanche matin, on entend les « han »
des joueurs de bourles qui lancent là-bas, près du café, à
l'ombre du bourloise.
Carnavals et géants
Le Nord-Pas-de-Calais a toujours été une région d'excès : excès
dans la guerre, excès dans le travail, excès dans les luttes
sociales, excès dans l'amitié, alors bien sûr excès dans la
fête. Ainsi, il y a des siècles, avaient lieu dans le
Nord-Pas-de-Calais des sortes de fêtes des fous, au mois de la
Trinité, qui duraient deux jours. Un défoulement qui convoyait
les processions religieuses, un défoulement excessif mais
canalisé par le clergé, qui finissait par s'y mêler. La
cavalcade était menée par le fou officiel de la ville, encadré
par des chanoines qui braillaient en imitant l'âne. Les édiles
bourgeois jetaient au peuple des dragées et autres coupe-faim.
On perçait gratuitement des tonneaux de vin. Le soir, on
repeuplait joyeusement hors mariage dans les bosquets. Deux
jours. Et basta ! Et l'on pense que ces fêtes médiévales sont à
l'origine des carnavals du Nord d'aujourd'hui. Quelques indices
: on jette toujours quelque chose à la foule, à la foule
déguisée ; on porte toujours quelque chose en procession. Et
aujourd'hui, dans les villes du Nord, le carnaval est devenu
incontournable. Ça se passe là-bas dans les temps d'avant
Carême, au temps où les terres et le mardi sont gras, au temps
du droit à la viande, de l'aval à la carne (d'où « carnaval »).
Imaginez cent, mille... une foule de masques. Travestis en
charbonnés, enfarinés, multicolores. Et voilà que depuis le
balcon de l'hôtel de ville le bourgmestre - pardon, le maire -
lance ses gendarmes sur la foule (rassurez-vous, aucune
répression ; là le gendarme n'est ici qu'un autre nom encore du
hareng saur). Et quand le soir les carnavaleux entonnent l'hymne
à Jean Bart, on a la chair de poule. C'est les fédérés chantant
La Marseillaise. Et quand arrivent ces paroles à la cantate à
Jean Bart « Et la cité qui te donnera la vie érigera ta statue
en autel... », le profane devient sacré. Et partout dans le
Nord, par ces temps de fête, sortent les géants. Ce sont des
personnages de carton pâte, peints dans des couleurs vives où
dominent le plus souvent le rouge feu et les jaunes allumés, et
armés d'une structure d'osier. La plupart du temps, ils portent
des noms liés par un bout de sentiment à la ville. À quelques
exceptions près, les géants sont toujours la représentation des
héros profanes de leur cité, ou des laborieux mais positifs
moyens de la ville.
Ducasses et braderies
Et voilà la ducasse. La ducasse, c'est la fête patronale du
bourg ou du quartier dans le Nord-Pas-de-Calais. La ducasse du
Nord, c'est la kermesse flamande, c'est le pardon breton. C'est
un air d'accordéon entre les baraques foraines. C'est le bal
populaire, le tour de carrousel, et la cuite des célibataires.
Et autrefois, tout le bourg y était, et dansait et trinquait
jusqu'à la lueur du matin. Sauf quand même le commis de ferme
qui devait quitter à l'heure des bêtes.
Et on en vient à l'autre grand moment du folklore festif des
Nordistes, la braderie. Braderie souvent liée à la ducasse ou à
la fête de la Bière ici ou à la fête du Houblon là. Braderie qui
vient du vide grenier et de la foire à l'encan. Aujourd'hui,
c'est toujours la franche foire (dans les deux sens de la
locution). On vide les greniers, on sort tout le saint-frusquin,
on déballe le fourbi, on expose le capharnaüm. On vend n'importe
quoi. On discute n'importe où. On boit. On mange. Mais puisqu'on
en est aux braderies, quelques mots sur la plus célèbre, celle
de Lille. 12 000 vendeurs, la population d'une sous-préfecture.
2 millions de visiteurs, la population de la Slovénie. C'est un
souk en forme de fleuve, avec des affluents partout. Les puces
puissance dix. La foire. À la limite tolérée parfois de la foire
d'empoigne pour les places. Au premier arrivé, la place. Les
premiers arrivés (les professionnels) la veille forment le carré
avec les camionnettes et protègent leur territoire. Et le
samedi, à 15 h pile, au top, tout le monde déballe (en réalité,
les pros ont déjà négocié le meilleur le matin). Il y a des
dizaines et des dizaines de kilomètres de trottoir, de pelouse,
de terre-plein transformés en marché géant. Et ça sent la frite,
la gaufre et la merguez. Et devant les restaurants, les tas de
coquilles de moules montent jusqu'à plus voir. Et tout ça dure,
sans interruption, jusqu'au dimanche soir bien après la lune. Et
on trouve de tout. Et tout ça dans une bousculade bon enfant. Et
tout ça se termine dans la belle humeur, dans la Jenlain et même
parfois dans la gueuze (là aussi, dans les deux sens du terme).
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